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 Anger and agony are better than misery [Charly Censkid]

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MessageSujet: Anger and agony are better than misery [Charly Censkid]   Mer 21 Déc - 0:59


Anger and agony...
FT. CHARLY CENSKID

Dans un monde où Agnes ne serait pas un pur cliché, peut-être aurait-elle la possibilité de ne pas arriver perpétuellement en retard, et de ne pas faire n’importe quoi dès qu’elle est pressée ; mais ce monde n’est que fiction, aussi voilà notre victime favorite en train de courir comme une dératée, et manquer se prendre presque tous les coins et murs qu’elle rencontre sur son passage en pleine face.
Agnes a un rendez-vous de prévu, mais pas un rendez-vous amoureux, ne vous méprenez pas – Agnes est par trop malchanceuse pour que qui que ce soit daigne lui faire le plaisir de l’aimer. Elle a rendez-vous avez sa toute nouvelle sensei, car on est un cliché ou on n’en est pas un ; sa sensei qui doit lui apprendre à se battre.
Mais elle est déjà quinze minutes en retard sur leur rendez-vous ; en plus de partir un peu juste, elle s’est fait accoster par à peu près tout le monde sur sa route, qu’ils soient ses amis, des bully, ou de parfaits inconnus. À la moitié de son trajet, elle s’est mise à courir. À ce point-là, elle n’est même pas certaine que Katsue l’attende toujours.
Oh, est-ce que je viens de dire son prénom ? Oh, tant pis, hein.
Donc, Agnes arrive dans le hall d’entrée du bâtiment principal, et se retrouve obligée de ralentir.
« Euh… je vais où, déjà ? », est l’excellente question qu’elle se pose.
Il lui faut quelques secondes de réflexion avant de se rappeler qu’elle avait rendez-vous avec Katsue dans l’allée marchande.
Et que, donc, elle n’avait absolument rien à faire dans le bâtiment principal.
« hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh » est à peu près tout ce qu’elle arrive à procéder.
Alors qu’elle est tout au bout du hall d’entrée, Agnes se retourne précipitamment, et se remet à courir dans la direction opposée, plus pressée encore que précédemment.
Elle court quelque pas, étonnamment vite pour une femme faible, cliché sexiste vivant qu’elle est, trop paniquer pour réellement voir ce qu’il se passe devant elle ; aussi quand elle voit devant elle la silhouette de quelqu’un, elle n’a pas le temps de l’éviter.
Inévitablement, elle lui fonce dedans ; et ce si violemment, que sous le choc, Agnes est projetée vers l’arrière.
Elle s’est cognée le devant de la tête contre peut-être le bras, le torse, ou le dos de la personne, au fond, elle n’en sait rien, elle n’a même pas eu le temps de le réaliser, et se voit déséquilibrée, tout autant qu’elle est sonnée. Elle tombe donc en arrière ; mais complètement paniquée, elle fait tout ce qu’elle peut pour rester debout sans même y réfléchir. Elle lance une jambe en arrière pour ne pas tomber, mais dans un geste si désespéré et raté que cela ne lui apporte rien, puis, dans un dernier réflexe de survie, elle s’agrippe à la personne qu’elle a auparavant bousculée.
Complètement paniquée, et ayant déjà les larmes aux yeux à cause de tout ce stress, Agnes n’arrive pas à visualiser à quoi cette personne ressemble vraiment, mais elle n’a pas réfléchi avant de l’attraper, et l’a fermement fait ; et voilà que ce réflexe, de toute manière complètement idiot, a déséquilibré aussi cette personne, qui tombe avec elle – si ce n’est sur elle.
Et ainsi Agnes est bel et bien tombée en arrière, accompagnant malheureusement un inconnu qui n’a rien demandé avec elle. Elle a à peine le temps de réaliser ce qui lui est arrivé ; en tombant elle s’est de nouveau cogné la tête contre le sol – oui c’est ridicule, mais Agnes est l’Ultimate victime, vous vous en souvenez ? – l’assommant d’autant plus.
Il lui faut quelques secondes avant de revenir à elle-même. Elle n’a que vaguement conscience de sa situation ; elle sait qu’elle est sur le sol, parce qu’elle est tombée, et elle sent qu’il y a quelqu’un sur elle. Elle n’est même pas certaine de la position dans laquelle elle se trouve ; la sensation de son propre corps est trop floue.
Mais peu à peu ses pensées reviennent, aussi, quand elle est quasiment rétablie, Agnes a pour unique réflexe de fixer le vide et soupirer.
« Je suis retombée, hein ? Heh. J’étais en retard, non ? Bon. Cette journée est comme toutes les autres… »
Elle reste parfaitement immobile. En temps normal, elle se serait immédiatement relevée, s’excusant comme elle pouvait, les joues rouges, les larmes aux yeux et confuse. Mais il semble qu’à cet instant précis, son cerveau ait envie de vide ; aussi, ne réagit-elle pas tout de suite, et ne prête-t-elle-même plus attention à sa situation embarrassante. Elle fixe le vide d’une manière si intense qu’elle ne voit pas ce qu’il se passe devant elle, et ses pensées s’en vont si loin, qu’elle n’entend ni ne ressent plus rien, le temps de peut-être une minute.
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MessageSujet: Re: Anger and agony are better than misery [Charly Censkid]   Mer 21 Déc - 16:26

Cela faisait 11 jours très exactement que je me suis réveillé ici.
J'ai profité de ces 11 jours du mieux que je pouvais pour explorer l'île et en apprendre plus sur ma condition.
Maintenant, je ne sais plus quoi faire...
Je suis sur mon lit, allongé, les yeux qui fixent le plafond.
Ma respiration rythme le temps qui passe.
J'inspire.
J'expire.
Il y a du bruit dans le couloir.
J'inspire.
J'expire.
J'ai des fourmis dans les jambes.
J'inspire.
J'expire.
Pas de notifications sur l'E.V.E. Phone
J'inspire.
J'expire.
La ventilation se met en marche.
J'inspire.
J'expire.
Et maintenant, qu'est ce que je fais ? Je me bouge ? Pour faire quoi ?
J'entends à nouveau du chahut dans le couloir.
Hm. J'ai beau avoir beaucoup exploré, je n'ai pas rencontré beaucoup de gens. S'il on est dans une expérience sociale de haut vol, se faire des alliés peut se révéler être une bonne idée...
Je me décide enfin de sortir de mon lit. Je ne sais même pas quelle heure il est et je n'ai pas envie de le savoir.

En sortant de ma chambre, j'aperçois un groupe d'amis descendre les escaliers. Je vais les suivre, voir si je peut m'intégrer.
Je parcours les escaliers des quelques étages avec eux et arrive dans l'énorme hall d'entrée.
Celui-ci transpire l'architecture moderne. Des courbes, des vitres, des plantes, du blanc, de l'aluminium. Partout.
Le groupe d'amis passe le portillon et je me dirige de même vers celui-ci.

...Quelqu'un va me rentrer dedans !
Je tourne la tête et me retourne d'un geste vif et soudain. Erreur.
Je croise le regard de celle qui s'apprête à me percuter.
Pourquoi est-ce que toutes mes rencontres avec les filles commencent-elles par ces mêmes filles me fonçant dessus ?

Je n'ai pas le temps d'esquiver, pas le temps de me concentrer, pas le temps de la réceptionner. Je n'ai pas le temps de faire quoique ce soit en fait.
Je vois son visage un instant, sa bouche et ses yeux grands ouverts sont occupés à exprimer une panique immense. Mais ce n'est pas que son visage, à cet instant, tout son corps exprimait la panique, ses jambes qui cherchent à rétablir son équilibre et ses bras qui... qui... mais... Mais !?
Mais qu'est ce qu'elle faaait ?!?! Mais pourquoi elle s’agrippe à mon col cette banane !?!
Mais je l'avais pas vu venir ça ! Sa main est déjà fermement accrochée à mon col !...
Erf, si j'en avais eu le temps, j'aurais bien aimé laisser un souffle de désespoir.
Bien, voilà, c'était prévisible. J'ai beau mouliner des bras, cette gourde est en train de m'entraîner avec elle dans sa chute.

.

Ca y est, je suis tombé. Je rouvre mes yeux qui s'étaient fermés d'un réflexe de survie. Ceux-ci saluèrent d'un aller-retour des paupières,
le carreau du plancher qui se tenait maintenant à un ou deux centimètre de mon visage.
Mes mains se sont crispées sur le sol et le reste de mon corps repose sur un coussin que j'imagine être cette fille.
Je me relève assez vite, passe ma main sur ma nuque, comme pour vérifier que ma tête est toujours attachée à mon corps. Je fait craquer ma nuque au passage, ce sera toujours un petit peu de détente de gagnée.
Je finis par considérer la pauvre maladroite qui m'a bousculée...
Elle est plutôt mignonne, ses longs cheveux d'un brun clair s'étalant sur les pavés ainsi que son adorable petite taille y faisaient beaucoup.
En revanche, le corset qu'elle porte couplé à son chemisier dont, en plus, les deux boutons du haut devaient s'être détachés dans la chute, faisaient ressortir ses énormes seins, transformant cette image de petite fille absolument mignonne en une image d'actrice porno adolescente On attendais plus que les tentacules
Enfin, je m’intéresse à son état et vérifie qu'elle aussi ne souffre de rien, comme une intuition qu'elle n'en n'est pas capable toute seule.
Finalement, en observant son visage, je la vois remuer les lèvres mais constate surtout son regard fixé dans le vide et son teint soudainement livide, ce qui contrastait avec le rouge paniqué qui recouvrait ses joues il y a de ça quelques secondes.

- Eeehoo ?! Aaaallô ? On se réveille !?

- ...

Je ravale ma salive, comprenant soudainement qu'elle n'avait pas du tout l'air d'aller aussi bien que moi.
C'est maintenant moi qui panique, ne comprenant pas vraiment comment j'ai pu passer en moins d'une minute d'une ballade relaxante à une situation d'urgence.
Je me dépêche de vérifier ses signes vitaux... La température... ça m'a l'air ok. La respiration... ok. Le pouls... ok.
Tout fonctionne.
Ouf...

Moment de satisfaction léger mais bref. Je passe ma main sur mon front pour retirer des perles de sueur imaginaires qui semblaient me gêner.
Je prends un moment pour regarder autour de moi, les gens alentours allaient bien m'aider pas vrai ?
Je croise le regard de plusieurs passants qui bien qu'intrigués par l’événement soudain, comme on pourrais l'être par un jongleur de rue,
ne semblent pas vouloir s'immiscer dans mes affaires et passent leur chemin. Et ça s'appelle l'élite ça ?
Bien tant pis, je suis tout seul pour m'en occuper. Ne sachant vraiment que faire, je la soulève et la remet sur pied, jouant de ma force de volonté pour ne
pas me rincer l’œil au passage. J'y suis arrivé
Ce fut suffisant pour la faire reprendre connaissance.
Re-Ouf...

- Aaaallô ? Y'a du monde là dedans ? - lui dis-je, en toquant sur son crâne d'un air pas encore tout à fait rassuré.


Dernière édition par Charly Censkid le Mar 3 Jan - 9:48, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Anger and agony are better than misery [Charly Censkid]   Ven 23 Déc - 1:03


Misery.
FT. CHARLY CENSKID

Où est Agnes ?
Physiquement, elle est dans le hall d’entrée. Mentalement, elle en est loin, très loin ; si loin qu’elle-même n’a pas conscience d’où elle est, ni même qu’elle est.
Elle est tombée, comme elle en a l’habitude… Et cette fois-ci, a emporté quelqu’un avec elle dans sa chute. Qui est-ce ? Elle ne le sait pas. Elle ne l’a pas vu. Même là, elle ne le voit pas.
Pourtant il est bien juste en face d’elle. Il lui parle, sûrement la rappelant au monde réel, mais cela ne fonctionne pas. Elle ne l’entend qu’à peine, comme si sa voix était extrêmement lointaine.
Est-ce qu’elle a mal ? Non. Elle ne ressent plus rien. Ni son corps, ni sa propre existence. La prochaine étape de cet état d’engourdissement serait la mort, et Dieu sait qu’Agnes l’accueillerait à bras ouverts ; mais il n’a pas encore été prouvé que l’on puisse mourir du simple fait de le souhaiter.
Ces choses, ces pensées, Agnes les ressent, mais à la fois ne les ressent pas. Elle est là, et en même temps n’est pas là. Elle souffre, et en même temps ne ressent absolument rien.
Elle sent que quelqu’un la touche, mais ne sent pas réellement son toucher. Elle a une vague conscience des endroits où on la touche, mais ne sait pas vraiment où.
Pourquoi s’est-elle retrouvée dans cet état ? Des pensées tentent de refaire surface chez elle, allant d’avant en arrière.
« Tombée »
« … »
« Par terre ? »
« terre terre terre »
« … tombée … … »
« Quelqu’un d’autre »
« Quelqu’un d’autre »
Cette pensée-là se répète au fond de son esprit, jusqu’à finalement redevenir une réelle pensée.
« Je suis tombée, je suis par terre. J’ai emporté quelqu’un d’autre dans ma chute. »
Peu à peu, Agnes reprend ses esprits. Elle sent que quelqu’un la soulève. Elle n’a pas encore la force de bouger par elle-même, mais elle peut le sentir.
Comment s’est-elle retrouvée dans cet état ? Ce n’était qu’une chute.
Agnes se bat pour revenir. Elle le peut, n’est-ce pas ? Elle l’a toujours fait.

Enfin, elle revient. Elle est debout, et un jeune homme est en face d’elle.
Qui est le jeune homme ? Ah oui. Celui qu’elle a emporté dans sa chute.
« Allô ? Y a du monde là-dedans ? », dit-il, et il toque son crâne comme pour la rappeler à l’ordre.
On se calme, jeune homme, lui dirais-je presque ! Notre petite victime vient à peine de retrouver ses esprits, laisse-lui le temps ! Pas que qui que ce soit en ait quoi que ce soit à faire de ses sentiments, mais ce n’est pas très poli comme réaction.
Quoiqu’il en soit, Agnes réalise peu à peu ce qui lui arrive. Elle n’a pas encore assez ses réflexes pour empêcher le garçon de lui tapoter le crâne, mais les aurait eus quelques secondes après.
« hhhhhhhhhhhhhhhhh » est, une nouvelle fois, la seule chose qu’elle arrive à procéder.
Elle recule d’un pas, fixant le jeune homme. Sa panique peu à peu lui revient. Bien sûr, qu’elle est gênée ; elle a emporté cet inconnu dans sa chute ridicule, et sans même avoir à regarder, elle sent bien que son chemisier s’est légèrement ouvert.
Qu’est-ce qu’il s’est passé pendant qu’elle était ailleurs ? Cela lui semble comme un souvenir lointain.
Sa culpabilité d’avoir encore causé tort à quelqu’un l’a emmenée dans ce monde lointain, mais le fait d’y être allée la gêne à présent encore plus. Il faut tenir tête, Agnes !
Elle regarde attentivement le jeune homme. Elle ne le connaît définitivement pas, mais il ne semble pas avoir de pensées trop négatives. Il ne semble pas rassuré ; en même temps, qui le serait, après s’être retrouvé face à zombie, incapable de ressentir ?
Les larmes montent aux yeux d’Agnes. Elle est à la fois gênée, désolée, confuse, triste, et légèrement énervée. Elle prend sa tête entre ses mains, comme pour contrôler toutes ces émotions qui lui viennent soudain, et dit, ou braille presque :
« D-désolée ! Je suis désolée ! »
Elle cache sa tête entre ses mains, comme pour se cacher, ou ne pas voir le jeune homme en face ; mais elle décide de se forcer à parler, et relève la tête.
« Je… je suis un désastre… désolée… désolée… », commence-t-elle. Les choses sont assez confuses dans son esprit, mais elle fait de son mieux pour réagir un peu plus normalement que précédemment.
« Je suis désolée… Je courais parce que j’étais en retard… Puis je ne vous ai pas vu… Et j’ai… je suis… j’ai… j’ai tombé ! Je suis tombée ! Enfin je veux dire, j’ai tombé et… Je suis ! Je suis tombée ! »
Elle fait de son mieux, mais est relativement incompétente. Elle a presque envie de hurler, si ce n’est se frapper la tête contre le mur, ou peut-être se mettre à genou, pleurer et implorer le pardon de son interlocuteur, mais elle ne peut pas décemment faire ça.
Elle s’arrête une seconde, et soupire un grand coup. Allez, Agnes. Calme toi.
« Désolée. C’était un accident. Je… Vous allez bien au moins ? »
Ce n’était pas fantastique, mais Agnes a enfin réussi à se calmer, et formuler une réplique digne de ce nom. Elle attend la réponse du jeune homme en le regardant dans les yeux, autant que ses yeux humides la laissent faire.
« Mes atroces yeux… »
Comme une enfant devant son instituteur, Agnes a la boule au ventre. Elle ne pense pas que celui qu’elle a fait tomber réponde vraiment aller mal, mais elle se sent coupable, atrocement coupable.
Coupable de ne pas avoir regardé devant elle, coupable d’avoir été en retard à la base, coupable de ne pas être déjà avec sa sensei et coupable d’avoir existé, à ce moment-là précis.
Elle ne peut s’empêcher de baisser la tête. Elle pose les mains contre sa gorge*, sans même penser à refaire les boutons de son chemisier, et ferme les yeux, laissant couler une larme, qui était l’humidité de son œil gauche, plus forte encore que celle de son œil droit, sans pour autant se mettre à pleurer.
* gorge ça veut dire poitrine, genre celle qui est plate, au-dessus des airbags
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