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 Agnes n'a rien fait. [Katsue Hirotori]

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MessageSujet: Agnes n'a rien fait. [Katsue Hirotori]    Dim 23 Oct - 15:36


Agnes n'a rien fait.
FT. KATSUE HIROTORI

Ah, les livres. Tant d’histoires toutes différentes et toutes aussi impressionnantes – aux yeux d’Agnes.
Cette île possède une bibliothèque gigantesque. Agnes, en l’admirant, se sent minuscule. Comme c’est beau, comme c’est grand ! Que d’adjectifs positifs pose-t-elle sur cette bibliothèque chaque fois qu’elle s’y rend !
Quoiqu’il en soit, aujourd’hui, n’ayant rien de mieux à faire, Agnes a décidé de s’installer confortablement à la bibliothèque pour lire et se reposer. Elle s’est habillée normalement, d’une jupette confortable et d’un t-shirt un petit peu large, afin d’être à l’aise et ne pas avoir chaud malgré l’été. Elle est, comme à son habitude, parfaitement mignonne ; mais elle ne l’a même pas fait exprès.
Elle rentre, et admire un court moment l’immensité de la Bibliothèque, puis avance timidement, ne sachant pas vraiment où aller. Qu’a-t-elle envie de lire aujourd’hui ? Elle n’a pas vraiment d’idée, il y a trop de livres ici.
Elle avance lentement entre les tables et rayons, regardant de gauche à droite si un livre l’attire plus que les autres. Après cinq minutes de cette recherche quasiment passive, elle se trouve face à une rangée de treize livres noirs, dont le titre peut se lire quand ils sont parfaitement alignés : « A series of unfortunate events ». Agnes est impressionnée par cette mise en page, presque autant qu’elle l’est qu’aucun des livres ne manque. Le titre l’attire, aussi, n’ayant jamais entendu parler de cette série, décide-t-elle d’attraper le tome un pour en lire le résumé.
Agnes n’est pas très grande, et ces livres se situent légèrement au-dessus de sa tête ; aussi doit elle se mettre sur la pointes des pieds et délicatement attraper l’ouvrage afin que rien ne tombe. Elle prend son temps, espérant que sa jupe ne remonte pas trop par derrière… Peut-être aurait-elle dû porter plutôt un short ? Non, se dit-elle, la bibliothèque est un havre de paix ou rien de mal ne pourrait lui arriver.
Et c’est là qu’à votre grande surprise, lecteur, une main sortie de nulle part repousse violemment le livre qu’Agnes allait sortir de son rayon, et qu’un homme, à votre grande surprise une fois encore, largement plus grand et fort qu’elle, se place entre Agnes et les livres.
Abasourdie, celle-ci recule d’un pas. La surprise lui donne presque immédiatement les larmes aux yeux, mais elle les rattrape juste à temps. Elle lève la tête et regarde cet inconnu, ne sachant pas quoi dire ni penser. Elle le fixe, de ses grands yeux mignons et emplis de peine et de choc, mais il ne semble pas s’attendrir.
« Dégage. », lui dit-il d’un ton sec, ne la lâchant pas de son regard dur.
Dégager ? Mais pourquoi ? Agnes n’a rien fait, une fois de plus – elle voulait juste lire un livre ! C’est une bibliothèque, il est impossible qu’elle ait fait quoi que ce soit de mal. Elle est vraiment surprise, mais ne veut pas se laisser faire. Elle voudrait lui dire qu’il est fou, que c’est à lui de dégager ou elle va appeler la sécurité, et qu’elle a le droit de lire ces livres qui ne lui appartiennent pas ; seulement, ce sont ces mots qui sortent de sa bouche :
« Mais… Non… »
À la grande surprise de tous, ces mots ont peu d’impact sur son interlocuteur ; sans en prononcer lui-même un seul, il pousse violemment Agnes vers l’arrière.
À vrai dire, ce coup n’était peut-être pour lui assez faible ; aussi faible qu’Agnes, en fait.
Quoiqu’il en soit, elle se retrouve propulsée vers la table derrière elle. Elle se cogne contre celle-ci, et se laisse tomber sur le sol.
« Mais… Mais il est fou ! », se dit-elle très justement ; seulement, elle ne sait pas que dire de plus. Jamais ne pourrait-elle se battre comme un homme pareil, et, qui plus est, elle n’arrive pas à comprendre ce qu’il voulait. Une agression dans une bibliothèque ? C’est la première fois qu’elle entend parler d’une chose pareille. Pourquoi voudrait-il tellement garder ces livres pour lui tout-seul ? Ça n’a aucun sens !
Agnes est confuse, a mal, et sait parfaitement qu’elle est une fois de plus victime de son propre Ultimate ; victime d’être une victime.
Elle en a tellement marre. Elle ne sait plus quoi faire.
Les choses qui lui arrivent n’ont même plus de sens. Pourquoi les gens, et les choses, s’en prennent-ils à elle ? Qu’a-t-elle fait pour mériter cela ?
Elle ne veut plus bouger. Elle ne peut plus bouger. Elle regarde l’homme dans les yeux, de ses grands yeux mouillés, d’un air presque fier malgré ses larmes. Elle ne bougera pas. Et cela ne semble pas lui plaire.
Il la regarde de son air dur et énervé, et ne dit pas un mot de plus.
Pourquoi ne dit-il rien ?
Il fait un pas vers elle et semble prêt à se baisser.
Oh, bien sûr, il va l’attraper, l’envoyer balader. Sûrement la frapper. Sûrement ne rien dire. Pourquoi les choses auraient-elles un sens ? Agnes n’a jamais rien fait. Elle est juste l’Ultimate Victime. Il faut bien qu’elle pratique.
Pauvre, pauvre Agnes. Plus rien ne semble pouvoir la sauver.


Dernière édition par Agnes Cheshire le Dim 23 Oct - 18:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Agnes n'a rien fait. [Katsue Hirotori]    Dim 23 Oct - 18:21



Agnes n'a rien fait





S'il y avait bien une chose qui lui avait manqué depuis le temps, c'était bien les livres. Un grand sourire aux lèvres, Katsue déambulait paisiblement entre les immenses étagères de la bibliothèque, à la recherche d'un livre à dépoussiérer. Enfin pour ça encore aurait il fallu qu'il y ait la moindre trace de poussière. Cet endroit l'impressionnait vraiment, et elle s'y sentait au moins aussi à l'aise que dans la ville. Le parfait endroit pour venir tromper l'ennui, et s'instruire en prime. Elle avait déjà classé cet endroit parmi ses refuges préférés, en première place.

Elle se demandait si elle ne pourrait pas s'arranger pour dormir ici aussi plutôt que dans sa vieille chambre inhospitalière, bien à l'abri en haut d'une étagère, quand un bruit attira son attention. Un petit claquement sec, qui résonna dans les allées vides. Bah, sûrement des gens qui n'avaient pas beaucoup d'égard pour les précieux livres présents par millions ici. Elle continua d'avancer un moment sans y prêter attention, laissant glisser doucement ses doigts sur la couverture des livres sur son passage, d'un air rêveur. Puis un nouveau bruit, plus fort cette fois. Elle s'interrompit, devinant que quelque chose se tramait un peu plus loin. Ce n'était pas le bruit qu'aurait pu faire un livre, plutôt celui d'une chute.

Elle avança à pas rapides mais légers en direction du bruit, un peu inquiète. Et si quelqu'un avait voulu attraper un livre en hauteur, était tombé de haut, et était blessé, ou pire? Elle ne se sentait pas capable de fournir même les premiers soins à qui que ce soit, et elle n'avait pas encore trouvé si il y avait un hôpital sur l'île... Aussi elle fut plutôt soulagée de se retrouver au détour d'une allée face à deux êtres visiblement vivants.

Passé le soulagement, elle comprit vite à l'attitude de l'homme qu'elle avait en face d'elle que c'était tout sauf une scène amicale. Et le bruit venait apparemment de cette fille qui était assise contre une table. Pas besoin d'être un génie pour comprendre qu'il l'avait poussée contre. Surtout pour elle, après toutes ces années à intervenir dans des conflits qui n'étaient pas les siens. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Enfin une occasion pour elle d'exercer son ultimate.

Avançant d'un air nonchalant, toujours son petit sourire aux lèvres, elle jeta un regard à la fille visiblement mal en point, et effondrée. Elle avait déjà choisi son camp, elle se fichait de savoir ce qui s'était passé. Il n'aurait pas dû aller jusqu'à la faire pleurer, c'était son problème, et désormais, le sien. Alors quand elle éleva la voix, ce ne fut que pour attirer son attention.

- Hey, qu'est-ce qui se passe ici? Vous avez l'air de bien vous amuser, je peux participer?

Un regard d'incompréhension et de haine. Il n'avait de toute évidence aucune notion d'ironie. Mais ce n'était pas grave, elle voulait juste le désarmer, pas avoir une discussion digne de tous les auteurs qui les regardaient bien à l'abri sur leurs étagères. Son sourire s'élargit doucement, en le sentant s'énerver, alors qu'elle se rapprochait toujours.

- T'as rien à foutre ici, ça te regarde pas.

- Oh, quel dommage! Mais j'insiste, ça me tient vraiment à coeur!

- Ferme la!

C'était pour elle le signal. Alors qu'il s'avançait pour essayer de lui donner un coup de poing, elle avait déjà repéré ses appuis faibles, et raffermi les siens en parallèle. Lorsqu'il tendit son bras pour la frapper, elle se déroba instantanément sur le côté. C'était presque trop facile, en fait. Saisissant son bras tout en achevant ses appuis d'un bon coup de pied, et faisant basculer tout son poids, elle le projeta derrière elle comme un vulgaire sac à patates. Nan décidément, ce n'était même pas marrant, c'était un vrai débutant. Elle lâcha un soupir en se retournant vers lui, alors qu'il se relevait péniblement.

- Nan franchement, tu pourrais faire un effort. Je sais pas moi, tu dois bien connaître des techniques un peu moins prévisibles, non?

En voyant la lueur de colère dans ses yeux, Katsue esquissa un nouveau sourire. Non seulement elle adorait faire rager les gens qu'elle combattait, mais en plus poussé par la haine, il allait sûrement revenir tenter sa chance. Et elle en était sincèrement ravie. Aussi, quand un peu hésitant, il tourna finalement les talons et s'enfuit, les épaules de la jeune fille s'affaissèrent sensiblement. Quoi, mais pourquoi il partait? Pas déjà!

- Hé, attends! Je voulais pas te vexer! Reviens! J'y irai moins fort, promis!

Elle s'apprêtait à se lancer à sa poursuite, quand elle se souvint qu'à la base, elle avait fait ça pour défendre une autre fille. Elle se retourna, et constatant qu'elle était toujours à terre, elle s'avança doucement vers elle. Elle s'interrompit devant elle, un peu surprise. Elle était toujours effrayée? Pourtant son agresseur était parti... Ou alors c'était elle qui lui faisait peur? Oh... Effectivement, quand on y réfléchissait bien, c'était très possible. Elle avait dû avoir l'air totalement cinglée, à le provoquer et le combattre pour s'amuser. Elle esquissa un sourire un peu désolé, et s'approchant plus doucement, lui tendit la main pour l'aider à se relever.

- Hé, ne t'en fais pas, je ne te ferai pas le moindre mal. Ca va? Tu peux te lever? Tu es blessée?

Elle la parcourut du regard d'un air soucieux, pour s'en assurer elle même, en attendant qu'elle trouve la force de lui répondre. Elle devait être en état de choc, la pauvre. Mais elle n'avait pas l'air d'être gravement blessée, c'était déjà ça. M'enfin, mieux valait être prudent, quand on n'était pas habitué à recevoir des coups, un os était si facilement brisé... Réalisant au passage qu'elle ne s'était même pas présentée, elle afficha un nouveau sourire.

- Au fait, moi c'est Katsue. Mais tu peux m'appeler Kat', si tu préfères.


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MessageSujet: Re: Agnes n'a rien fait. [Katsue Hirotori]    Dim 23 Oct - 18:29


Agnes n'a rien fait.
FT. KATSUE HIROTORI

Alors qu’Agnes pensait tout perdu, une jeune fille arrive soudain, les interpellant tous les deux :
« Hey, qu’est-ce qu’il se passe, ici ? Vous avez l’air de bien vous amuser, je peux participer ? »
Agnes, les yeux emplis de larmes, lève la tête pour la regarder. Soit cette fille est particulièrement idiote – plus encore qu’Agnes -, soit elle est venue pour la défendre.
Agnes est l’Ultimate Victime. Qui viendrait la défendre, se dit-elle ? Personne. Elle penche plutôt alors pour la première option. Auquel cas les choses vont-elles encore mal se passer.
Mais Dieu sait qu’elle est mignonne, notre petite victime ; écoutez-moi plutôt. Qui ne la défendrait pas ? Alors que son agresseur envoie balader l’autre jeune fille, elle insiste, et soudain il passe à l’attaque.
Agnes, confuse et surprise, baisse la tête et ferme les yeux si fort que ça lui en fait mal. Elle met, par réflexe, ses mains au-dessus, comme pour se cacher. « Ça y est, se dit-elle, il va la frapper et la blesser et ce sera ma faute parce que sinon elle serait jamais venue lui parler. »
Ce sont les paroles de la jeune fille qui la font enlever ses mains et regarder de nouveau devant elle, malgré les larmes obstruant sa vision :
« Nan, franchement, tu pourrais faire un effort. Je sais pas moi, tu dois bien connaître des techniques un peu moins prévisibles, non ? »
Quoi ? Mais qu’est-ce que ça veut dire ? Alors…
Agnes regarde vers le bas. Son agresseur est au sol. Comment est-ce possible ? Il semblait si fort quand il l’a poussée. Cette fille… Elle doit être extrêmement forte ! La jeune femme n’arrive pas à y croire. Elle semble pourtant plus jeune qu’elle – peut-être 18 ans. Être défendue par une gamine… C’est bien ça, d’être une victime, après tout. Oh, ce qu’elle en a marre, ce qu’Agnes en a marre !
Mais alors que ces pensées traversent rapidement son esprit, son agresseur se relève, l’air en colère. De nouveau prise d’inquiétude, Agnes regarde la jeune fille face à lui, et constate qu’elle sourit. Ah.
Elle en est maintenant certaine. En fait, elle est juste folle. Bon, bah voilà une chose de claire. Ce qui est moins clair, c’est son état quand il sera revenu se venger.
Et évidemment, ce serait la faute d’Agnes, n’est-ce pas ?
Défaite, Agnes rebaisse la tête. Les choses ne se passent jamais bien, avec elle. Pourtant, elle n’a rien fait. Agnes n’a jamais rien fait.
Mais alors qu’elle s’attend à entendre un cri, un bruit de bataille, ou l’atroce son d’une chute, c’est une fois de plus la voix de la jeune fille qu’elle entend, s’exclamant :
« Hé, attends ! Je vous pas te vexer ! Reviens ! J’y irai moins fort, promis ! »
Choquée, Agnes relève immédiatement la tête. Elle ne pleure plus ; les larmes sur ses joues, touchant encore le bas de ses yeux, ne sont déjà plus qu’un souvenir. Cette scène la préoccupe trop.
Il est parti. Il est parti. Pour de bon. Et elle le rappelle pour pouvoir continuer de se battre. Non, elle n’est pas folle… juste ridiculement forte. Agnes est choquée… mais l’envie un peu en même temps. Pouvoir faire fuir celui qui l’a, juste avant, violemment poussée contre la table… ne serait-ce pas fantastique ? Elle qui dit depuis le lycée vouloir se battre, pourquoi n’a-t-elle jamais pu atteindre ce niveau ?
Elle est trop faible… et finalement c’est une gamine qui l’a protégée. Comme d’habitude… Agnes est nulle. Trop nulle.
Les larmes lui remontent aux yeux, alors que la jeune fille, justement, s’approche en souriant et lui tend la main.
« Hé, ne t’en fais pas, je ne te ferai pas le moindre mal. Ça va ? Tu peux te lever ? Tu es blessée. »
Et en plus elle passe pour une fille faible. Ce qu’elle est. Mais ce n’est pas le sujet de discussion actuel. Bien sûr que non, Agnes n’a pas peur d’elle, elle n’est pas assez idiote pour avoir peur de quelqu’un qui vient de la protéger. Elle a effectivement mal, mais n’est pas blessée – « Oh, non, jeune fille, ce n’est pas parce que j’ai peur ou mal que je pleure », se dit Agnes d’un ton étonnamment posé étant donné son état.
« Au fait, moi c’est Katsue. Mais tu peux m’appeler Kat’, si tu préfères. », la jeune fille ajoute-t-elle.
Hmm. Agnes ferme les yeux, et ravale ses larmes. Elle sèche rapidement ses yeux et son visage d’un coup de manche, et soupire un grand coup. Serait-ce l’autre Agnes qui lui revient soudain ? Celle qui ne veut plus jamais souffrir, plus jamais pleurer, plus jamais être agressée, plus jamais parler, plus jamais rien ? Sûrement. Elle est soudain dure et n’a plus besoin de pleurer. Peut-être ferait-elle mieux de partir sans un mot, et surtout ne plus jamais revenir.
Elle prend la main qui lui est tendue pour s’aider à se relever. Elle a un peu mal au dos mais ce n’est rien. Ce sera sûrement juste un bleu. Agnes a l’habitude.
Elle tente de regarder la jeune fille – Katsue, c’est ça ?- dans les yeux, mais ne peut s’empêcher de baisser un peu le regard.
« Merci… Ça va, ne t’inquiète pas. », dit-elle.
Elle remet légèrement ses vêtements en place, plus particulièrement sa jupe. La prochaine fois que quelqu’un voudrait l’agresser, il devrait la prévenir en avance, histoire qu’elle puisse s’habiller adéquatement.
« Merci Katsue… Moi c’est Agnes. »
Mais il semblerait que ce court moment de force offerte par son habitude et cette persuasion que tout prendra bientôt fin ne dure pas si longtemps aujourd’hui- et Agnes sent les larmes recommencer à couler sur ses joues.
Ce n’est pas tant à cause de l’agression qui vient d’avoir lieu qu’à cause de sa vie en général qu’elle pleure. Elle baisse la tête et sanglote doucement. Elle n’a pas même le droit à un minimum de crédibilité.

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MessageSujet: Re: Agnes n'a rien fait. [Katsue Hirotori]    Dim 23 Oct - 18:58



Agnes n'a rien fait





Katsue délaissa très vite son sourire contre un air plus préoccupé qu'elle l'aurait voulu, en observant la jeune fille qu'elle avait devant elle. Elle était devenue une professionnelle pour repérer les points faibles de ses "adversaires potentiels", et elle n'avait pas pu s'empêcher de noter les bleus et contusions sur ses membres. Et ce n'était que ce qu'elle pouvait voir... Plissant les yeux, elle sentait un profond sentiment de révolte l'envahir. Comment pouvait-on avoir la lâcheté de s'en prendre à quelqu'un comme elle? Elle avait l'air si fragile...

Dans tous les cas, cette fille n'en était certainement pas à sa première fois. Raison de plus pour y aller doucement et faire attention avec elle. Elle esquissa un nouveau sourire qui se voulait rassurant lorsque cette dernière accepta son aide et saisit sa main pour qu'elle l'aide à se relever. Elle prit toutes ses précautions, dosant sa force pour pouvoir bien l'appuyer, sans non plus lui déboîter l'épaule. Non, ça ne sentait pas le vécu, pas du tout. Et puis elle espérait que ses mitaines ne glisseraient pas aussi. Elle aurait peut-être dû les retirer avant, pour avoir une prise plus ferme? Dans tous les cas, elle était tellement focalisée sur cette fille qu'elle en aurait presque oublié où elle se trouvait et ce qui venait de se passer, si les larmes séchées sur son visage n'étaient pas là pour le lui rappeler.

- Merci… Ça va, ne t’inquiète pas.

Inclinant la tête sur le côté, Katsue ne put s'empêcher de faire légèrement la moue en l'entendant. Ces mots, elle les connaissait trop bien, puisqu'elle les avait elle même trop utilisés, à tort. Et elle savait très bien ce qu'ils signifiaient. M'enfin, ça se voyait parfaitement que non, ça n'allait pas! Elle cherchait juste à l'écarter, à se débarrasser d'elle. Et Katsue était tout sauf d'accord avec ça. M'enfin, elle se contenterait de protester intérieurement pour le moment, hors de question de lui faire la morale maintenant. Elle était probablement encore sous le choc, et son regard fuyant en disait suffisamment long pour elle. Pas tout de suite. Plus tard, peut être?

- Merci Katsue… Moi c’est Agnes.

Lâchant un léger soupir, Katsue grava son prénom dans sa mémoire. Elle n'avait jamais entendu parler d'elle, et se demandait quel pouvait bien être son ultimate. Moment idéal pour se poser la question, bien sûr. Lorsqu'elle réalisa qu'Agnes pleurait à nouveau, elle ne put s'empêcher de plisser doucement les yeux, sincèrement désolée pour elle. Ca la touchait plus qu'elle ne l'aurait voulu, et pendant un instant, elle aurait vraiment fait n'importe quoi pour pouvoir l'aider, ne serait-ce qu'un peu. Mais elle se sentait tellement impuissante dans cette situation... Elle n'avait jamais vraiment eu besoin de consoler qui que ce soit, tout comme personne ne l'avait jamais fait pour elle... Qu'importe. Elle serait cette personne pour les autres.

Sans trop réfléchir, elle s'avança à nouveau vers elle, et l'entoura de ses bras fins, la serrant doucement contre elle. Son moment d'égarement passé, elle était à nouveau bel et bien déterminée à prendre soin d'elle. Même si elle ne savait pas trop comment... La devinant sangloter, et comme elle ne se dégageait pas, elle frotta doucement son dos, cherchant à la réconforter un peu comme elle pouvait. Elle espérait juste ne pas être trop brutale et envahissante, en agissant de la sorte.

- Hé, ça va aller, d'accord? C'est fini... Je suis là, et je laisserai personne te faire du mal.

Elle finit par la relâcher, et se reculer un peu, histoire de la laisser respirer, quand même. Et puis, elle était l'ultimate "j'évite les contacts physiques", quelque part, ça faisait partie du lot. Alors même si elle n'aimait pas trop l'admettre, elle n'était pas si à l'aise que ça avec toutes les marques d'affection physique que les gens pouvaient avoir, et les câlins en faisaient partie. Manque d'habitude aussi, très certainement. Elle lui jeta un regard légèrement inquiet, la devinant toujours ébranlée par la situation.

- Tu as besoin de repos... Il a dû te faire sacrément peur. Et puis, même si c'était un parfait abruti, il avait quand même une certaine force.

Elle s'interrompit, la dévisageant toujours. Cette situation la touchait plus particulièrement, pour une fois, plus qu'elle ne l'aurait voulu. Cette fille, Agnes... C'était elle même qu'elle voyait en elle. Combien de temps avait elle passé repliée sur elle même après avoir été attaquée à répétition, prise pour cible sans cesse, à l'époque? C'était si loin, et pourtant si frais dans sa mémoire... Et elle savait d'autant plus à quel point tous ces bleus et ces marques n'était que la face émergée de l'iceberg. Les blessures, les vraies, étaient à l'intérieur. Beaucoup plus profondes et douloureuses...

- Ecoute, je pense qu'on se ressemble beaucoup toi et moi... Tu peux me faire confiance.

Même si elle affichait un léger sourire et regardait Agnes droit dans les yeux en disant ça, ses tics laissaient deviner son réel état d'esprit. Cette manière de tirer doucement et nerveusement le bout de ses mitaines trahissait son malaise. Soupirant un bon coup, elle se reprit, rangeant ses mains dans ses poches histoire de se calmer. Ce n'était pas la personne qu'elle voulait laisser voir, pas maintenant.
Elle afficha un sourire plus sincère et enjoué, reprenant son assurance habituelle, et parcourant un peu distraitement les étagères du regard. Agnes devait être surprise de l'entendre dire une chose pareille. Et pourtant, elle en était sûre. Elles étaient faites du même bois, toutes les deux. Elles ne contenaient juste pas les mêmes livres... Et elle avait envie de le lui prouver quelque part, se disant que ça éclairerait peut être sa vie, qui devait être si triste. Tirant ses bras en arrière comme pour s'étirer, elle lui jeta un regard.

- Comment crois tu que j'ai appris à me battre?



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MessageSujet: Re: Agnes n'a rien fait. [Katsue Hirotori]    Lun 24 Oct - 16:39


Agnes n'a rien fait.
FT. KATSUE HIROTORI

Agnes en a si marre de pleurer.
Elle pleure sans cesse. Comme une enfant. C’est une adulte, pourtant.
Mais elle n’arrive pas à s’en empêcher.
Les larmes viennent par elles-mêmes, sans prévenir auparavant, et dès qu’elles se mettent à couler, Agnes se sent faible, et détruite, et malheureuse. Et elle sanglote.
Pourquoi pleure-t-elle ?
Ce n’est pas la douleur. Ce n’est pas son ego, qui aurait été abîmé. Non.
C’est le désespoir.

Agnes en a marre. Elle a presque oublié ce qui vient de lui arriver ; elle en a presque oublié où elle est. Elle ne pense presque plus à rien. Elle est trop concentrée sur son propre malheur. Celui d’une vie où on ne peut pas se battre, d’une vie où on se fait battre.
Pourquoi, pourquoi, pourquoi ? Agnes n’a rien fait. Pourquoi mérite-t-elle cela ?
Elle reste là, immobile, à sangloter, les mains sur le visage. Elle doit pleurer si fort qu’on l’entend de l’autre côté de la bibliothèque. Mais elle s’en fiche. Il n’y a plus rien à faire pour elle. Elle est seule au monde. Et surtout, de ce monde, elle veut disparaître.
Mais soudain, elle sent des bras l’enlacer. Bien sûr. Comment avait-elle pu oublier ? Cette jeune fille venait de la sauver. Pourquoi avait-elle-même commencé à pleurer ? Elle ne pouvait tout simplement pas le contrôler. Cette pensée simplement la fit sangloter de plus belle.
« Hé, ça va aller, d'accord? C'est fini... Je suis là, et je laisserai personne te faire du mal. », la jeune fille dit-elle, avant de finalement la relâcher délicatement et reculer d’un pas.
Les pleurs d’Agnes ne changent pas ; elle ne pleure pas plus ni moins. Mais elle se sent soudain en colère. Elle la prend pour une gamine.
Agnes est bien évidemment jeune, mais elle a 20 ans, pas 14. Cette fille, clairement plus jeune qu’elle, lui parle comme à une enfant. Elle pense bien faire, mais nom de Dieu, c’est insupportable !
Elle continue :
« Tu as besoin de repos... Il a dû te faire sacrément peur. Et puis, même si c'était un parfait abruti, il avait quand même une certaine force. »
… Elle continue !
Ce n’est pas par peur qu’elle pleure, ce n’est pas à cause de ce sombre idiot, et Agnes n’a pas besoin d’être rassurée, elle sait qu’elle est très faible.
« Je suis une femme, adulte ! », Agnes voudrait-elle dire… Mais au fond d’elle, elle sait bien qu’elle n’a aucune crédibilité. Pourquoi pleure-t-elle si fort ? Pourquoi est-elle désespérée ? Pourquoi mérite-t-elle que tout le monde la maltraite toujours, elle qui est si mignonne ?
« Ecoute, je pense qu'on se ressemble beaucoup toi et moi... Tu peux me faire confiance. », la jeune fille ajoute-t-elle.
« C’est une blague ? » Agnes et elle, se ressembler ? Elles n’ont rien à voir l’une avec l’autre. Les pleurs d’Agnes s’éteignent lentement, laissant place à de la colère. Ne voit-elle pas à quel point elle est faible ? Peut-être s’en rendrait-elle plus compte si elle savait qu’elle a 20 ans ?
Agnes pleure toujours, mais plus doucement. Ce qu’elle en a marre de … d’être… elle-même.
Si elle était quelqu’un d’autre, peut-être ne serait-elle pas une victime. Vous rendez vous compte du ridicule de ce mot ? Victime.
Peut-être aussi, saurait-elle faire face à ses ennemis. Peut-être ne serait-elle pas si faible.
Mais avec des si, on mettrait Lutèce en amphore, n’est-ce pas ?
Alors Agnes est là. Elle existe. Et peut-elle réellement y faire quelque chose ?
Bien sûr. Elle peut y mettre fin.
Mais elle n’en a pas le courage.
Elle regarde la jeune fille… Katsue, n’est-ce pas ?  Elle semble s’être relaxée. En effet, gentille comme elle en a l’air, elle semblait troublée par l’état d’Agnes – mais il semble qu’elle a un esprit assez serein pour déjà s’être calmée, et pouvoir s’étirer avec un petit sourire en coin.
« Comment crois-tu que j'ai appris à me battre? », lui demande-t-elle.
L’Ultimate Victime, la tête rivée vers le sol, ouvre grand les yeux.
Cette jeune fille sait se battre, c’est vrai. Se battre… Ne serait-ce pas génial, si Agnes pouvait se battre ? Elle qui depuis le lycée s’est toujours promise de le faire, et ne s’y est jamais mise… au lieu de désespérer… au lieu de vouloir en finir… se battre…
Ce verbe résonne dans l’esprit d’Agnes comme une mélodie. Se battre. Battre.
C’est exactement ce qu’il lui faut… Oui, se battre…
Surtout qu’Agnes est pas idiote ; elle sait bien que la jeune Katsue en face va lui raconter une histoire d’elle-même, ou un ami à elle, qui se serait fait victimiser, et blabla, apprendre à se battre pour se défendre, ou le défendre.
Et ce serait parfait, n’est-ce pas ?
Et si cette jeune fille apprenait à Agnes à se battre ? Elle pourrait enfin se défendre ! Et ce n’est pas comme si elle n’avait pas de temps à revendre… oui, parfait, cette rencontre est parfaite.
Agnes ne pleure plus. Ses larmes, séchant sur ses joues, sont déjà un fantôme du passé.
Elle lève la tête. Oui, il fallait qu’elle lui dise, il fallait qu’elles deviennent amies, il fallait qu’elle lui apprenne. Pas qu’Agnes ait grand-chose à lui donner en échange… Mais elle a de la gentillesse à revendre, n’est-ce pas ?
Sa voix toujours prise par ses larmes si récentes, Agnes ne sonne pas aussi déterminée qu’elle l’est, mais c’est sûrement tant mieux ; de son adorable voix blessée, elle répond :
« Comment ? »
C’est simple, c’est clair, c’est concis, et ça montre son intérêt.
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MessageSujet: Re: Agnes n'a rien fait. [Katsue Hirotori]    Sam 12 Nov - 12:37



Agnes n'a rien fait






- Comment ?

Maintenant qu'elle avait repris son masque et son calme habituel, Katsue était à nouveau plongée dans ses pensées. Et ces dernières se tournaient plus particulièrement vers cette jeune fille qu'elle venait de sauver, et qu'elle surveillait du coin de l'œil. Agnes, c'est ça? Elle avait vraiment envie de l'aider, qu'importe les raisons. Mais comment...? Elle ne pouvait pas juste s'y prendre n'importe comment, cette fille était sûrement aussi fragile psychologiquement qu'elle avait pu l'être à l'époque... Valait-il mieux prétendre être forte quitte à mentir pour qu'elle accepte de s'appuyer sur elle, de la laisser l'aider, un peu comme un mentor tout puissant? Ou valait-il mieux lui laisser voir qu'elle aussi était faible, ou du moins l'avait été, pour qu'en se positionnant comme son égal, elle ait l'espoir de pouvoir un jour atteindre son assurance et son invulnérabilité?

Non... Mentir, elle l'avait bien assez fait, et ça ne lui avait jamais rien apporté. Elle s'était promis d'être plus franche et d'accepter son passé, non? C'était l'occasion ou jamais de l'assumer, et pour une bonne cause en plus. La meilleure approche restait de lui laisser voir à quel point elles étaient semblables, au moins pour ça. La regardant droit dans les yeux, elle sortit ses mains de ses poches, et enleva soigneusement ses mitaines, dévoilant ces marques violacées qui étaient devenues plus qu'une part d'elle même avec le temps. Elle eut une espèce de semi sourire teinté de mélancolie, partagée entre le sérieux, et l'envie d'en plaisanter comme toujours.

- Tu vois ces marques? Je n'ai pas toujours été aussi forte. Et si les autres blessures ont guéri, celles là sont restées pour me le rappeler.

Elle marqua une courte pause, comme pour laisser à la jeune fille en face d'elle le temps d'assimiler ce qu'elle venait de dire. Elle pouvait se vanter d'être l'une des rares à les avoir vues, ces fameuses brûlures. Qu'elle les regarde bien et prenne le temps de comprendre toute leur portée. Oui. Elle aussi avait été victime de la violence de plus forts qu'elle. Elle aussi avait dû fuir, trembler de peur et pleurer en regardant les blessures cicatriser douloureusement. Elle était loin, la gamine insouciante qui dévorait les bouquins pour en savoir le plus possible, et qui jouait avec ses cinq grands frères. Elle secoua un peu la tête, reprenant un léger sourire qui sonnait néanmoins faux.

- J'ai longtemps vécu dans la peur. J'avais beau essayer de rendre les coups, je finissais toujours en morceaux. Jusqu'au jour où j'ai compris le truc.

Nouvelle pause, alors que les souvenirs l'envahissaient un peu malgré elle. C'était bien pour ça qu'elle avait longtemps préféré enfermer son passé à double tour. Mais c'était aussi pour ça que quelque part, elle était toujours aussi faible. Il fallait qu'elle affronte la vérité en face, aussi dure qu'elle soit. Comment pouvait elle prétendre défendre et aider les gens si elle n'essayait même pas à se battre contre ses propres démons? Et puis ce chemin, elle l'avait fait seule, et elle pouvait en être fière. Oui, voilà, elle ne se résumait pas à ces défaites terrifiantes et à ces moments de solitude. Elle était plus que ça. Elle était certes cette peur de se faire blesser, mais aussi ce courage et cette volonté, c'était les deux qui avaient fait d'elle un ultimate, et sûrement la personne la plus proche du mot invulnérable, sur cette planète. Et elle pouvait partager ça... Elle releva les yeux vers Agnes, et lui adressa un grand sourire, presque de défi.

- Le plus fort n'est pas celui qui arrive à donner le plus de coups, mais celui qui en reçoit le moins. Deviens intouchable, et tu seras invincible.

Après quelques instants pour laisser peser ses paroles à nouveau, elle remit soigneusement ses mitaines, et reprit une position plus solide, bien ancrée. Pour une fois, elle n'essayait pas de l'impressionner même si ça en avait tout l'air, mais plutôt de se souvenir de ces techniques qui étaient devenues pratiquement instinctives pour elle. Après tout ce blabla, il était temps de lui donner de vrais conseils, au moins histoire de montrer qu'elle savait de quoi elle parlait.

- Pour te donner un exemple, je n'ai pas eu besoin de frapper le mec de tout à l'heure. Je l'ai à peine touché, je me suis contenté de le déséquilibrer. Et pourtant, il a pris la fuite, parce qu'il a compris qu'il n'avait aucune chance. Pas besoin d'être fort pour savoir se battre, il suffit de savoir esquiver et détourner la force de son adversaire.

Elle s'interrompit, et s'approcha un peu plus d'Agnes, à quelques centimètres seulement d'elle. Autant parfois son irrespect de l'espace personnel des gens était par pure maladresse, autant cette fois-ci, c'était parfaitement volontaire. Elle voulait la pousser dans ses retranchements pour voir sa réaction. Et la forcer à être franche aussi, pour la question qui allait suivre.

- Mais assez parlé de moi. Et toi alors? Qu'est-ce que tu veux vraiment?


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MessageSujet: Re: Agnes n'a rien fait. [Katsue Hirotori]    Mar 15 Nov - 21:47


Agnes n'a rien fait.
FT. KATSUE HIROTORI

Bingo.
Coups reçus, marques sur le corps, Katsue se faisait frapper quand elle était plus jeune.
Agnes avait de suite compris qu’elle lui conterait une histoire telle ; aussi n’écoute-t-elle pas vraiment.
Sentant ses larmes sécher contre ses joues, et ses yeux piquant légèrement, elle se perd plus ou moins dans ses pensées, ne faisant attention qu’aux mots clés des paroles de la jeune fille en face d’elle. Elle regarde là où elle lui signe de regarder, et fixe autrement le vide, bien que vers elle, d’un air désespéré, qu’elle n’a pas à forcer.

Pourquoi Agnes veut-elle se battre ?
Une femme si douce, si gentille, en train de se battre, semblerait presque relever du burlesque ; mais qu’Agnes fait-elle donc, depuis tant d’années d’insultes et agressions gratuites ?
Elle se bat. Elle se bat… pour survivre.
Elle soupire doucement.
Combien de fois n’a-t-elle pas souhaité, voire tenté de mourir ?
Si elle est là, c’est qu’elle se bat. Elle se bat sans cesse, contre elle-même, contre ces pensées empoisonnées ; elle se bat contre la vie, seulement pour obtenir plus de celle-ci.
Mais ce combat est intérieur, et plus le temps passe, plus grandes sont ses chances d’y perdre.
Il est si difficile de rester forte.
Ne serait-ce pas fantastique, si elle pouvait être physiquement forte ?
La force physique apparaît comme un idéal, si ce n’est un rêve, pour Agnes. Il lui semble qu’être capable de se battre et d’elle-même se protéger pourra l’aider à se battre intérieurement aussi ; et elle est persuadée que pouvoir combattre ses assaillants règlera tous ses problèmes.
Elle veut savoir se défendre. Elle veut pouvoir se défendre.
Elle veut pouvoir se venger. Elle veut savoir se venger.
Se battre. Agnes, se battre. C’est si beau, si ironique, si puissant. Oui. Agnes veut être puissante, Agnes veut leur montrer, à tous, tous ces gens qui ont pitié d’elle, tous ces gens qui la maltraitent, et à cette vie, cette vie de chien qui croit pouvoir faire d’elle ce qu’elle souhaite.

« … Deviens intouchable, et tu seras invincible. »
Sans même y réfléchir, Agnes acquiesce. Oui, intouchable, elle sera intouchable, et invincible, elle le sera aussi.
« Ou si ça ne fonctionne pas, je n’aurai qu’à devenir invisible. » prononce une pensée de mauvais goût quelque part au fond de son crâne, pensée qu’elle chasse aussi vite qu’elle est arrivée.
Agnes se fiche des raisons pour lesquelles Katsue se bat, elle se fiche des bonnes idées qu’il faut avoir derrière ; comme une petite fille qui fait un caprice, Agnes veut se battre, un point c’est tout.
Maintenant que Katsue lui a donné l’idée, elle ne peut pas lui enlever. Ce serait cruel. Et Katsue n’est pas cruel, n’est-ce pas ? Elle doit apprendre à Agnes comment se battre. Et Agnes deviendra intouchable ; personne plus jamais ne pourra tenter de lui faire quoi que ce soit. Invincible aussi, elle sera invincible.
Décidant de se concentrer, et déjà pressée d’apprendre, Agnes ramène son attention à la jeune fille en face d’elle.
« Pour te donner un exemple, je n'ai pas eu besoin de frapper le mec de tout à l'heure. Je l'ai à peine touché, je me suis contenté de le déséquilibrer. Et pourtant, il a pris la fuite, parce qu'il a compris qu'il n'avait aucune chance. Pas besoin d'être fort pour savoir se battre, il suffit de savoir esquiver et détourner la force de son adversaire. », Katsue dit-elle.
Génial, c’est génial. Oui. Génial. Agnes veut apprendre à faire ça. Agnes, de ses 160 cm de haut, avec sa taille fine et ses formes efféminées, Agnes avec ces grands yeux tous mignons, Agnes veut inspirer la crainte.
Ainsi plus personne ne viendra la maltraiter. Et si quelqu’un ose, il en verra du pays. Oui, parfait. C’est ainsi que les choses devraient se passer.
Katsue se rapproche d’elle. C’est un peu trop proche, mais Agnes n’a même pas envie de se demander pourquoi elle fait ça. Elle s’en fiche. C’est presque comme si elle n’était pas là. Tout ce qui intéresse Agnes, c’est son savoir.
« Mais assez parlé de moi. Et toi alors? Qu'est-ce que tu veux vraiment? », termine-t-elle.
Se battre, Agnes veut se battre. Elle veut se défendre.
Elle veut se venger. Elle veut les regarder de ses grands yeux humides, puis leur foutre une raclée.
Oui, parfait. À droite, à gauche, Agnes pourrait foutre des raclées. À tous ceux qui l’ont maltraitée.
Et la liste est longue.

C’est parfait, c’est parfait.
« Je veux pouvoir me défendre… Et les effrayer. »
Les ? Qui est « les » ?
Oh, elle le comprendrait bien. Agnes s’en fiche. Elle veut apprendre, apprendre au plus vite. Dans cette bibliothèque même, s’il le faut.
Agnes veut connaître la recette miracle contre son Ultimate.
Agnes ne veut plus être une victime.

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MessageSujet: Re: Agnes n'a rien fait. [Katsue Hirotori]    Mar 27 Déc - 21:52



Agnes n'a rien fait





En attendant sa réponse, Katsue n'avait pas grand chose d'autre à faire que de dévisager la jeune fille qu'elle avait sauvée. Et maintenant qu'elle y prêtait un peu plus attention, elle se rendait compte que finalement, Agnes était comme dans un état second. Elle la regardait à peine, comme si elle n'existait pas à ses yeux, comme si elle regardait à travers un fantôme. S'était elle seulement rendu compte qu'elle s'était rapprochée à quelques centimètres d'elle seulement? Difficile à dire. Dans tous les cas, elle n'aime pas la lueur qu'elle voit dans ses yeux. Son expression, sa réaction, ou plutôt son absence de réaction, avaient quelque chose qui lui faisait curieusement froid dans le dos. Mais malgré son aversion, elle resta toujours près, histoire de la forcer malgré tout à être sincère, si jamais c'était possible.

- Je veux pouvoir me défendre… Et les effrayer.

Une fois sûre qu'elle n'ajouterait rien de plus, Katsue se recula pour reprendre une distance plus respectable, et fit la moue sans même chercher à le cacher. Elle n'aimait pas sa réponse, son mauvais pressentiment se confirmait. Elle voulait qu'elle lui apprenne à se battre, mais elle n'avait de toute évidence pas que de bonnes intentions. Visiblement, elle était plus attirée par l'idée de leur faire peur, que par l'idée de se défendre face à d'éventuels agresseurs. Pouvait-elle vraiment prendre le risque de lui apprendre à se battre dans ces conditions? Et de toute manière, si elle l'écoutait à peine, comment pouvait elle lui apprendre quoi que ce soit? Il était temps de la faire redescendre un peu sur terre, et de lever toute ambiguïté concernant ses intentions.

- Je peux peut-être t'aider. Je pourrais t'enseigner deux trois trucs. Mais si je le fais, je t'apprendrai uniquement à te défendre, pas à te battre à proprement parler.

Elle aurait pu expliquer un peu plus, parler des raisons qui la poussaient à faire ce choix, mais pour une fois, elle choisit de ne pas développer, et se contenta de la fixer en croisant les bras. Pas sûr qu'Agnes soit dans un état suffisamment conscient pour écouter et réaliser l'ampleur des responsabilités qu'impliquerait de savoir se battre. Elle ne comptait pas lui apprendre à jouer un vulgaire jeu de cartes. Elle comptait lui apprendre de quoi renverser la situation et avoir le dessus sur un adversaire. Sans un minimum de conscience et de sens des responsabilités, ça pouvait être désastreux. Mais difficile de se raviser juste sur un mauvais pressentiment. Elle devait lui donner une chance de lui montrer qu'elle pouvait être une bonne élève, et qu'elle n'utiliserait pas ses enseignements à mauvais escient. La question, c'était comment...

Parcourant machinalement la salle des yeux, elle plissa subitement les yeux, un sourire légèrement inquiétant se dessinant sur ses lèvres, alors qu'une idée se formait dans son esprit. Sans prévenir, elle se dirigea vers les étagères de la bibliothèque, et en sortit plus ou moins précautionneusement trois livres bien épais, avant de revenir à grands pas vers Agnes. Elle avait trouvé la solution idéale, à vrai dire la seule qu'elle voyait à cet instant, puisque la jeune fille en face n'avait pas l'air très bavarde concernant ses intentions, ou elle même de manière générale. Elle allait la mettre à l'épreuve. Si elle voulait vraiment apprendre à se battre pour de bonnes raisons, et pas juste par facilité, attirée par l'idée de se venger, alors elle serait prête à lutter pour. Et puis c'était aussi une bonne manière de voir directement si elle pouvait être une bonne élève, déterminée, mais aussi capable d'accepter sans broncher des entraînements relativement rudes. La défiant presque du regard, Katsue lui adressa un sourire narquois en désignant les livres du regard.

- Avant toute chose, j'aimerais te faire passer un petit test. La base. Tout ce que tu as à faire, c'est tenir les bras tendus en avant tant que je te le dirai. Si tu y arrives, je te promets que je t'apprendrai ce que tu veux. Deal?


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MessageSujet: Re: Agnes n'a rien fait. [Katsue Hirotori]    Dim 8 Jan - 20:02


Agnes n'a rien fait.
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Katsue recule d’un pas. Est-ce une moue qu’Agnes perçoit sur son visage ? Peut-être.
Mais quel en serait l’intérêt ? Quelle réponse attendait-elle ? Agnes n’a pas menti, Agnes ne pense pas être décevante. Une crédibilité, c’est ce qu’elle veut.
Ou peut-être son Ultimate lui joue-t-il un tour ? Menant Katsue à mal la comprendre et ne plus vouloir l’aider ?
Victime depuis des années, Agnes ne serait même pas étonnée. À ce point-là ce n’est plus de la paranoïa, mais du réalisme. Quoiqu’il en soit, Katsue lui dit :
« Je peux peut-être t'aider. Je pourrais t'enseigner deux trois trucs. Mais si je le fais, je t'apprendrai uniquement à te défendre, pas à te battre à proprement parler. »
Agnes la fixe d’un air vide. Elle est persuadée que la brunette a mal compris ses intentions d’une manière ou d’une autre, mais elle n’arrive pas à mettre le doigt sur exactement en quoi. Elle ne se souvient à aucun moment d’avoir dit qu’elle aller se promener dans les rues et se mettre à tabasser tous ceux dont la tête ne lui plaît pas.
Cette pensée la fait rire doucement. S’imaginer elle-même, la petite Agnes, toute mignonne, se jeter sur un homme lambda et lui casser les dents, est juste ridicule ; elle baisse la tête et sourit quelque secondes, d’un sourire presque sardonique. Mais rapidement son humeur normale lui revient, et elle relève la tête pour regarder son interlocutrice.
À ce moment-là, Katsue regarde autour d’elle, et soudain, se dirige vers une étagère pour y prendre trois livres. Elle fait cela si soudainement qu’Agnes n’a même pas le temps d’assimiler ce qu’elle est en train de faire, qu’elle est déjà de retour face à elle.
« Avant toute chose, j'aimerais te faire passer un petit test. La base. Tout ce que tu as à faire, c'est tenir les bras tendus en avant tant que je te le dirai. Si tu y arrives, je te promets que je t'apprendrai ce que tu veux. Deal? », dit-elle, désignant les livres qu’elle a pris.
Agnes regarde les livres. Agnes regarde Katsue. Agnes regarde de nouveau les livres. Agnes regarde de nouveau Katsue.
Elle a beau réfléchir, elle ne comprend pas ce qu’elle attend d’elle. Son sourire narquois fait penser à Agnes que la moindre de ses actions sera jugée – et penser que Katsue, qui lui semblait douce et sympathique, puisse mal la comprendre et la regarder avec ce sourire, lui donne presque les larmes aux yeux.
Le but est-il de faire tenir les livres en équilibre sur les bras d’Agnes ? Pour quoi faire ? Vérifier qu’elle a assez de force ?
Si c’est ce qu’elle veut, Agnes pourrait tout simplement lui répondre que non, elle n’a pas beaucoup de muscles dans les bras. Mais pourquoi Katsue voudrait-elle faire un test de la sorte ? Si Agnes veut apprendre à se battre, c’est bien parce qu’elle part de zéro. Elle a beau y réfléchir, soit elle ne comprend pas ce que Katsue veut, soit elle trouve ça idiot.
Mais Agnes ne peut pas laisser passer cette opportunité. Même si elle doit supporter des tests farfelus, ou d’être incomprise, ou quoi que ce soit, Agnes doit apprendre à se battre.
Se battre pour sa vie.
Se battre pour sa dignité.
Se battre contre son Ultimate.
Sans broncher, elle tend les bras, paumes vers le haut.
« Comme ça ? », demande-t-elle simplement, regardant Katsue dans les yeux, d’un regard qui ne semblerait rien exprimer ; mais qui exprime qu’Agnes s’est déjà trop battue.


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MessageSujet: Re: Agnes n'a rien fait. [Katsue Hirotori]    Jeu 19 Jan - 14:46



Agnes n'a rien fait





- Comme ça ?

Alors qu'elle pensait son plan pour la percer à jour parfait, ou du moins qu'elle essayait de s'en persuader, Katsue réalisa vite que quelque chose clochait. Comment ça elle acceptait de passer le test et obéissait sans protester? Mais c'était pas ce qui était prévu, elle devait renoncer parce que ça en valait la peine et... Katsue lâcha un soupir en fermant les yeux, légèrement agacée par elle même. C'était bien pour ça qu'elle ne devait pas parler ou penser à son passé, tss. Elle s'était laissée à nouveau enfermer dans ses souvenirs, au point d'en négliger le fait que la fille qu'elle avait en face d'elle était visiblement harcelée physiquement et mentalement. C'était normal qu'elle soit aussi ébranlée par sa proposition, ça représentait la solution à une bonne partie de ses problèmes. Et elle avait pris ça pour une espèce de pseudo avidité de pouvoir ou autre...

Elle se maudit intérieurement pendant une bonne dizaine de secondes, avant de se reprendre, et de rouvrir les yeux. Elle esquissa un sourire un peu plus sincère, mêlé d'un peu de tristesse, pour reprendre contenance. Elle posa doucement sa main sur ses bras pour les lui faire baisser, et lui faire comprendre que c'était en quelque sorte fini.

- Tu as officiellement réussi le test. Je voulais juste évaluer ta volonté d'apprendre, et surtout ta confiance. Ce n'aurait pas été la peine d'essayer quoi que ce soit, sans ça. La base, right?

Si elle gardait un grand sourire un peu gêné en apparence, à l'intérieur, en revanche, elle n'en menait pas large. Elle était clairement en train de lui mentir, et de se mentir à elle même pour essayer de rattraper son erreur. Mais non voyons, elle n'avait jamais eu l'intention de lui faire passer ce test impossible et affreusement pénible, pas vrai? Parce que sa petite leçon de morale à deux balles, elle pouvait parfaitement l'illustrer elle même, pas vrai? Mais d'ailleurs, ce n'était pas une si mauvaise idée, tiens. Ca serait terriblement désagréable et pénible, mais après tout, elle avait eu l'intention de le faire subir à cette pauvre jeune fille, alors quelque part, elle le méritait, non? Elle le méritait...

Elle attrapa un des épais volumes presque précipitamment, pour forcer sa réflexion à couper net, et esquissa un sourire qui se voulait confiant.

- Je vais te montrer ce que ça aurait été. A l'origine, il s'agit d'un exercice de force et d'endurance particulièrement... ouais, disons chiant. Mais je le détourne pour expliquer deux trois principes. C'est une bonne métaphore des responsabilités et conséquences de nos actes.

Elle s'interrompit quelques secondes pour ajouter un deuxième, puis un troisième livre. Même si l'effort qu'elle devait fournir pour les conserver droit devant elle était visible, cela ne semblait pas si difficile que ça à première vue. Mais elle enchaîna vite, pour avoir le temps de finir son explication. Elle savait que ses limites étaient moins loin que ce qu'elles en avaient l'air, et qu'elle était incapable de maintenir cet exercice bien longtemps. Et si elle pouvait éviter d'abîmer des bouquins avant même d'avoir pu les feuilleter...

- Pour chaque coup porté, on se retrouve responsable des dommages physiques infligés, mais aussi des dommages psychologiques sur la personne, et son entourage. Tout le monde pense que c'est tenable parce qu'ils ne voient que le premier livre. Mais avec les trois livres, quelle que soit la force de la personne, quelle que soit son endurance... à la longue, elle finit toujours par tomber sous le poids.

Comme si ses bras avaient soudainement décidé d'illustrer ses propos, elle atteint ses limites et dut lâcher deux des livres, qu'elle rattrapa de justesse avec son pied, se retrouvant dans une position un peu délicate, en équilibre. Profitant du fait que ses jambes soient, contrairement à ses bras, elles en pleine forme, elle parvint à lancer les deux livres sur la table la plus proche, et poser le troisième livre, en lâchant un soupir de soulagement. Heureusement, elle avait suffisamment bien calculé la force de son lancer, et les livres étaient intacts. Se retournant vers Agnes le temps de reposer ses bras, elle esquissa un sourire un peu désolé.

- C'est pour ça que je n'apprendrai pl- pas à qui que ce soit à se battre, seulement à parer et éviter les coups, ou désarmer les gens. C'est plus que suffisant pour se défendre, crois moi. Et puis pour ça, pas besoin de force, ou de capacités particulières, contrairement au combat à proprement parler.

Ayant repris suffisamment de forces à son goût pour ramener ces pauvres livres chez eux, elle les prit dans ses bras et retourna de nouveau vers les étagères pour les ranger. Une fois assurée qu'ils étaient bien installés et indemnes, elle revint vers Agnes, un léger sourire aux lèvres.

- Mais assez parlé de moi, encore une fois. Je tiens mes promesses: tu as passé le test, je peux t'apprendre ce que tu veux. Tu veux commencer par quoi?


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MessageSujet: Re: Agnes n'a rien fait. [Katsue Hirotori]    Dim 12 Fév - 2:22


Agnes n'a rien fait.
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Katsue la fixe silencieusement quelques secondes sans dire ni faire quoi que ce soit – pas très longtemps, mais juste assez pour qu’Agnes se mettre à paniquer et se demander si elle a fait quelque chose de mal. Peut-être n’aurait-elle pas dû faire ce qui lui était demandé ? Ou alors avait-elle mal compris ? Agnes a sûrement rendu la situation maladroite en faisant quelque chose de bizarre, et elle se hait pour ça… Mais Katsue, un doux sourire aux lèvres, abaisse délicatement les bras d’Agnes, ce qui fait taire ses pensées paniquées et la rassure.
« Tu as officiellement réussi le test. Je voulais juste évaluer ta volonté d'apprendre, et surtout ta confiance. Ce n'aurait pas été la peine d'essayer quoi que ce soit, sans ça. La base, right? », dit-elle, souriant toujours.
Agnes la regarde attentivement de ses grands yeux humides, sans répondre quoi que ce soit. Elle a l’impression qu’on lui ment, mais préfère laisser de côté cette idée, se persuadant que Katsue ne lui mentirait jamais car elle est une bonne personne – et que seules les personnes les plus terribles et malhonnêtes oseraient mentir à une jeune femme en détresse, ce qu’Agnes est actuellement, si ce n’est constamment.
Katsue prend un de ses livres en main, et continue :
« Je vais te montrer ce que ça aurait été. À l'origine, il s'agit d'un exercice de force et d'endurance particulièrement... ouais, disons chiant. Mais je le détourne pour expliquer deux trois principes. C'est une bonne métaphore des responsabilités et conséquences de nos actes. »
Elle prend alors d’autres livres en continue son explication. Agnes l’écoute attentivement, mais de rapides pensées parviennent à traverser son esprit – du type « Pourquoi est-ce qu’elle m’expliquerait tout ça s’il ne s’agissait que de voir si j’allais lui obéir aveuglément ? » ou « Mais qu’est-ce qu’elle fait ? »
« Mais avec les trois livres, quelle que soit la force de la personne, quelle que soit son endurance... à la longue, elle finit toujours par tomber sous le poids. »
Alors que Katsue termine cette phrase, les livres lui tombent des mains soudainement. Agnes, surprise, sursaute légèrement et recule d’un pas, puis fixe les livres que Katsue a rattrapés avec son pied. A-t-elle fait exprès de les faire tomber juste à ce moment-là ? La jeune femme n’arrive pas à savoir.
Pendant que la jeune fille relance les livres sur une table à proximité, Agnes commence à se poser plus encore de questions. Elle se demande si elle a raison de faire si rapidement confiance à une complète inconnue, sous couvert qu’elle l’a aidée une fois, dans une situation que seule elle trouvait difficile, qui plus est – car n’importe qui aiderait Agnes dans ce genre de situation, non ? Ou peut-être pas, puisque des gens sont capables de l’attaquer ainsi…
Agnes pousse un léger soupir. Elle se pose vraiment trop de questions. Elle ne devrait pas douter de la bonté et l’honnêteté de Katsue, elle n’a pas la moindre raison de le faire. Pour une fois qu’elle a une réelle occasion d’apprendre à combattre son Ultimate, elle ne peut pas la laisser passer… Même si, après tout, cela veut dire prendre sur elle pour faire avec une personne aux divers défauts – ce que Katsue n’est sûrement pas, n’est-ce pas ?
Cette dernière, d’ailleurs, s’est retournée vers Agnes, et une nouvelle fois lui sourit, cette fois ci d’un air désolé.
« C'est pour ça que je n'apprendrai pl- pas à qui que ce soit à se battre, seulement à parer et éviter les coups, ou désarmer les gens. C'est plus que suffisant pour se défendre, crois-moi. Et puis pour ça, pas besoin de force, ou de capacités particulières, contrairement au combat à proprement parler. », conclut-elle avant de reprendre les livres pour les reposer à leur place initiale.
Agnes en profite pour réfléchir à ses propos. Ce qu’elle lui dit lui convient parfaitement, oui, c’est exactement ce dont elle a besoin. Elle s’est peut-être un peu emportée, en pensant réellement pouvoir se battre, mais tout simplement se défendre la rendrait fière, et c’est, au fond, ce qu’elle avait en tête depuis le départ. Alors que Katsue revient vers elle, Agnes parvient à lui esquisser un sourire, ayant repris un petit peu confiance.
« Mais assez parlé de moi, encore une fois. Je tiens mes promesses: tu as passé le test, je peux t'apprendre ce que tu veux. Tu veux commencer par quoi? », lui demande-t-elle.
Agnes est surprise par cette question, et ouvre grand les yeux en l’entendant. Le réalisant, elle cache d’un réflexe rapide et irréfléchi son œil gauche, et continue à réfléchir et interagir, la main devant son œil, comme si de rien n’était.
« Euh… »
Agnes, de l’œil qui le lui permet, jette des regards dans tous les sens, d’un air paniqué, réfléchissant mais ne trouvant pas de réponse. Commencer par quoi ? Elle n’en a pas la moindre idée, elle n’a jamais réfléchi à ça, elle n’y connaît rien !
« Euuuuuuuuuuhhhh… »
Sa main se sépare de son œil, qui, avec son camarade de droite, s’humidifie de nouveau, et Agnes commence à compulsivement ronger l’ongle de son pouce. Elle est restée là, silencieuse, face à Katsue pendant plusieurs minutes consécutives, et alors qu’elle lui pose enfin une question simple, elle est incapable de lui répondre… Agnes ne sait vraiment rien faire.
« Je… Je sais paaas ? », répond-t-elle, les sourcils arqués, et l’air effondré.


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MessageSujet: Re: Agnes n'a rien fait. [Katsue Hirotori]    Mar 14 Fév - 9:45



Agnes n'a rien fait





Sans vraiment le montrer, Katsue se sentait un peu soulagée de voir la jeune fille un peu moins pâle. Elle avait même esquissé un sourire! Bon, un petit sourire un peu hésitant, mais quand même, un sourire! Aussi, elle eut du mal à cacher sa gêne et sa déception quand elle la vit perdre contenance à nouveau. Qu'est ce qu'elle avait bien pu dire ou faire de mal, encore...? Elle sentait la culpabilité l'envahir à nouveau, à voir Agnes s'agiter de la sorte, visiblement paniquée, comme si elle était prise au piège.

- Euuuuuuuuuuhhhh… Je… Je sais paaas ?

Katsue la dévisagea quelques secondes, prise au dépourvu, avant de comprendre qu'elle était dans un état pareil juste à cause de sa question. Elle aurait dû y penser avant, c'était stupide de sa part! Mais ce n'était qu'une manière de parler, une formalité pour être polie, elle n'attendait pas d'elle qu'elle lui demande un exercice en particulier... Elle n'aurait jamais pensé que ça la torturerait à ce point! Elle essaya de garder malgré tout un sourire qui se voulait rassurant et assuré, et lui posa doucement la main sur l'épaule, pour la faire revenir à elle.

- Excuse moi, c'est vrai que c'est un peu stupide de ma part de te poser la question. Après tout, c'est moi qui suis censée m'y connaître!

Retirant sa main, elle prit quelques secondes à nouveau pour réfléchir à ce qu'elle pouvait bien lui apprendre. Après tout, elle même n'avait jamais vraiment reçu le moindre enseignement de qui que ce soit. Elle avait plus appris à l'instinct, sur le tas, qu'en réfléchissant réellement. Et les quelques personnes à qui elle avait enseigné avaient déjà de solides bases en combat rapproché, et manquaient juste de discipline. Au final, tout le contraire d'Agnes. Elle lâcha un soupir, en songeant que cette fois, elle se lançait vraiment un défi qui la poussait hors de sa zone de confort. Bon, autant commencer par la base de la base, dans ce cas.

- Je pense que la première chose qu'il faudrait travailler, c'est l'esquive. Parer les coups et désarmer, ça ne sert à rien si on se prend un coup qui nous met hors service d'entrée de jeu.

L'avantage pour Agnes, c'est qu'elle était assez petite et frêle, à priori. Moins de zone de contact, plus de rapidité et d'agilité. Elle partait déjà avec un avantage non négligeable. En prenant un peu d'assurance, elle pourrait très vite devenir presque insaisissable. Katsue esquissa un sourire en la détaillant, l'imaginant déjà faire des progrès et gagner en confiance, puis elle se reprit, reprenant son sérieux. Encore fallait-il qu'elle les amène, ces progrès, plutôt que de rêvasser.

- Selon moi, la véritable clé de l'esquive, c'est de bien connaître son corps, son poids, sa souplesse, les différents mouvements qu'on est capable ou non de réaliser, etc. Le meilleur moyen d'en prendre conscience, c'est de travailler son équilibre.

Elle marqua une courte pause, hésitant à lui faire une courte démonstration, mais elle se ravisa. Elles étaient dans une bibliothèque après tout. Elle avait déjà risqué gros en envoyant valser le gars de tout à l'heure et en jonglant presque avec des livres par maladresse. Pas la peine d'en rajouter en commençant une véritable leçon dans un endroit pareil. Ca resterait parfaitement théorique... pour cette fois.

- Si tu n'es pas assez familière avec ton propre corps, le moindre mouvement te déséquilibre, et dans ce cas là, c'est quasiment impossible de se défendre ou d'esquiver. Mais à partir du moment où tu connais ton corps, que tu arrives à garder une position stable même en mouvement, l'esquive devient presque instinctive. Tu devrais t'en rendre compte assez vite. Enfin... Avant de fixer un cours, j'aurais juste une question. Est-ce qu'il y a un sport ou plusieurs que tu pratiques, ou même que tu aimes?

Puis en songeant qu'elle risquait de reproduire ses erreurs, en la faisant paniquer une nouvelle fois, Katsue esquissa un sourire légèrement gêné, passant sa main gantée dans ses cheveux un peu machinalement, avant d'ajouter rapidement:

- Enfin sinon ce n'est pas grave hein! Si tu t'en souviens plus tard, tu pourras me le dire au début du premier cours, ou n'importe quand, quand ça t'arrange! C'est juste que ça me permettrait de partir de quelque chose pour organiser le premier cours. C'est toujours plus sympa qu'un cours totalement général.

Sachant que pour le moment elle n'avait pas la moindre idée de ce à quoi pouvait bien ressembler un cours banal de self-defense, Katsue espérait quand même qu'Agnes avait au moins un sport qu'elle aimait bien. Sinon sa tâche allait se révéler encore plus compliquée que prévue. Elle pouvait toujours lui lancer des projectiles pour "l'entrainer" à esquiver, mais elle doutait sérieusement de l'efficacité d'une méthode aussi peu pédagogique. Il allait falloir qu'elle y réfléchisse très sérieusement. Elle aurait de quoi faire pour les jours à venir. D'ici là...

- Pour le premier cours, on ne va peut être pas faire ça aujourd'hui, ça ferait peut être un peu beaucoup en si peu de temps. Et puis, on est quand même dans une bibliothèque! Une à deux fois par semaine, dans le gymnase, ça t'irait? Et d'ici là, si jamais tu as le moindre problème, tu peux toujours m'appeler!

Elle lui tendit doucement son téléphone avec un sourire, pour qu'elle puisse prendre son numéro si elle le souhaitait, tout en essayant de ne pas lui forcer la main. Après tout, elle lui avait déjà suffisamment fait peur pour la journée, mieux valait y aller un peu plus doucement si elle voulait passer pour autre chose qu'une cinglée, pour une fois!


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MessageSujet: Re: Agnes n'a rien fait. [Katsue Hirotori]    Dim 19 Fév - 18:22


Agnes n'a rien fait.
FT. KATSUE HIROTORI

Mais Katsue lui sourit d’un air rassurant.
« Excuse-moi, c'est vrai que c'est un peu stupide de ma part de te poser la question. Après tout, c'est moi qui suis censée m'y connaître! », répond-t-elle.
Agnes lui sourit à son tour, les sourcils arqués, l’air gêné. Quelle qu’en soit la raison, elle a peur de froisser Katsue, et est contente qu’elle soit si compréhensive. Celle-ci entame donc une explication, qu’Agnes écoute attentivement, malgré sa longueur.
L’écoutant, l’Ultimate Victime observe tous ses faits et gestes. Elle trouve à sa façon de se mouvoir une vertu fascinante – comme si elle représentait quelque chose de profond vis-à-vis de Katsue. Maintenant qu’elle y pense, elle-même a une façon particulière de se mouvoir, qui correspond à sa personnalité ; elle a de ces gestes que personne d’autre ne fait, comme poser ses mains contre sa poitrine en guise de position de repos. Les mouvements de Katsue sont très différents, et elle bouge d’ailleurs beaucoup pendant qu’elle parle. Agnes a l’impression que rien que cela, les oppose une fois encore.
« Si tu n'es pas assez familière avec ton propre corps, le moindre mouvement te déséquilibre, et dans ce cas-là, c'est quasiment impossible de se défendre ou d'esquiver. Mais à partir du moment où tu connais ton corps, que tu arrives à garder une position stable même en mouvement, l'esquive devient presque instinctive. Tu devrais t'en rendre compte assez vite. », dit d’ailleurs Katsue.
Quel drôle de hasard – les pensées d’Agnes ressemblent aux paroles suivantes de Katsue. Comme si elles pensaient aux mêmes choses, mais d’une manière complètement différentes. Surprise par cette coïncidence, Agnes sursaute légèrement et ouvre légèrement sa bouche en O, comme s’il y avait quelque possibilité que ce soit plus qu’une coïncidence. Non, une fois de plus, en semblant leur donner une ressemblance, cette façon de penser marque leur différence.
« Enfin... Avant de fixer un cours, j'aurais juste une question. Est-ce qu'il y a un sport ou plusieurs que tu pratiques, ou même que tu aimes? », demande-t-elle, mais Agnes n’a pas le temps d’assimiler ses mots qu’elle ajoute :
« Enfin sinon ce n'est pas grave hein! Si tu t'en souviens plus tard, tu pourras me le dire au début du premier cours, ou n'importe quand, quand ça t'arrange! C'est juste que ça me permettrait de partir de quelque chose pour organiser le premier cours. C'est toujours plus sympa qu'un cours totalement général. »
La jeune femme sourit et rit doucement à cette remarque. Elle est un peu gênée ; Katsue ne devrait pas avoir à tant s’inquiéter pour elle, à cause juste de sa maladresse. Quoiqu’il en soit, elle détourne légèrement le regard, par réflexe car elle commence à réfléchir. « Un sport ? » Agnes ne pratique pas du tout de sport, mais ça ne veut pas dire qu’elle déteste ça pour autant. Il y a d’ailleurs un sport qu’elle aime bien… Pourquoi n’en fait-elle pas, déjà ?
Avant qu’elle ait pu boucler sa penser, Katsue continue.
« Pour le premier cours, on ne va peut-être pas faire ça aujourd'hui, ça ferait peut être un peu beaucoup en si peu de temps. Et puis, on est quand même dans une bibliothèque! Une à deux fois par semaine, dans le gymnase, ça t'irait? Et d'ici là, si jamais tu as le moindre problème, tu peux toujours m'appeler! »
Agnes, prise de court, prend immédiatement, bien que délicatement, le téléphone qui lui est tendu, et y jette un coup d’œil rapide, avant de reposer son regard sur Katsue.
« Euh… », commence-t-elle.
Elle regarde autour d’elle rapidement, d’un air stressé, alors qu’elle réfléchit à la suite de sa phrase. N’osant pas regarder, sans savoir pourquoi, Katsue, c’est en regardant vers le sol qu’elle continue.
« Le foot. »
Elle relève ses grands yeux mignons et humides vers son interlocutrice.
« Je… j’aime bien jouer au football… Je trouve ça sympa… »
Posant ses mains contre sa poitrine, elle baisse de nouveau le regard.
« Mais… Comme je suis trop maladroite, je tombe toujours, ou j’envoie la balle du mauvais côté, alors comme c’est un sport d’équipe les autres joueurs ne sont pas contents, et ils me demandent de plutôt rester sur le côté… »
Elle relève un peu la tête, mais cette fois regarde vers le côté, dans le vide, et avec un rire sardonique continue :
« Puis souvent les garçons préfèrent que je fasse la pom-pom girl… La dernière fois ils ont préparé une tenue exprès pour moi… C’était gentil, mais moi je voulais jouer ! »
Elle regarde Katsue droit dans les yeux, baissant ses mains où elle tient toujours son téléphone.
« Mais… Mais c’est pas grave. C’est comme ça, et je suis vraiment nulle, alors ça sert à rien de te forcer à essayer de me faire faire du foot. Je… je peux essayer autre chose si tu veux. »
Terminant sa phrase, elle sort son propre téléphone de sa sacoche, et entreprend de noter le numéro de celui de Katsue. Ce rapidement fait, elle lui tend son téléphone, la regardant en souriant du mieux qu’elle peut, malgré sa gêne – elle est après tout emplie de gratitude envers elle.
Dommage qu’elle lui tende son propre téléphone, et range celui de Katsue dans sa poche.


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MessageSujet: Re: Agnes n'a rien fait. [Katsue Hirotori]    Lun 27 Fév - 19:06



Agnes n'a rien fait






En la voyant hésiter en prenant son téléphone, Katsue inclina légèrement la tête sur le côté. Et si c'était un peu trop d'un seul coup, finalement? Elle l'avait presque assommée de conseils, lui avait proposé de l'entraîner, alors que quelques heures avant, elle ne savait même pas qu'elle existait... Puis elle ferma les yeux quelques secondes, prenant sur elle pour ne pas soupirer une nouvelle fois. Elle se mettait beaucoup trop la pression. Quand bien même ce serait le cas, elle déclinerait juste poliment, et elles repartiraient chacune de leur côté, tout simplement. Et puis elle avait eu l'air beaucoup plus détendue et souriante qu'auparavant. Elle était sûrement juste intimidée, ou cherchait ses mots. Katsue songea alors que l'anglais n'était peut être même pas sa langue maternelle... Comment savoir, puisque l'anglais était la langue de base pour tout le monde, elle comprise, sur l'île?

Déjà partie dans cette nouvelle théorie, elle fut presque surprise qu'Agnes se remette à parler pour lui répondre.

- Le foot. Je… j’aime bien jouer au football… Je trouve ça sympa…

Alors qu'elle fuyait un peu son regard, Katsue ne pouvait s'empêcher de la dévisager. Quelque chose clochait, son attitude et ses paroles se contredisaient. A sa connaissance, il n'était pas très logique d'être nerveux de la sorte, en parlant de quelque chose qu'on apprécie... Les quelques secondes passées suspendues à ses lèvres pour savoir la suite lui parurent en tout cas interminables, tant cela avait piqué sa curiosité.

- Mais… Comme je suis trop maladroite, je tombe toujours, ou j’envoie la balle du mauvais côté, alors comme c’est un sport d’équipe les autres joueurs ne sont pas contents, et ils me demandent de plutôt rester sur le côté… Puis souvent les garçons préfèrent que je fasse la pom-pom girl… La dernière fois ils ont préparé une tenue exprès pour moi… C’était gentil, mais moi je voulais jouer !

Alors qu'elle l'écoutait, Katsue se raidit sensiblement, et elle esquissa malgré elle un sourire en baissant les yeux, les dents serrées. Elle bouillait intérieurement de colère, rien que d'imaginer la scène: les gamins en train de lui faire des reproches et ricaner en lui apportant une tenue, qu'elle devinait tout sauf à son avantage. Elle savait qu'elle ne les connaitrait jamais, et qu'ils avaient probablement changé depuis, mais le mal était déjà fait. Pas étonnant qu'Agnes soit mal à l'aise avec le sport, et avec son corps tout entier, si ses seules bonnes expériences en sport avaient été entachées par leur comportement de machos à 2 de QI! Alors certes elle manquait certainement de coordination et d'équilibre, mais ce n'était pas une raison, elle aurait certainement pu jouer un rôle clé, en déstabilisant l'attaque adverse par exemple, avec des récupérations de ballon imprévisibles ou... n'importe quoi! Mais là, c'était juste de la méchanceté gratuite...  

- Mais… Mais c’est pas grave. C’est comme ça, et je suis vraiment nulle, alors ça sert à rien de te forcer à essayer de me faire faire du foot. Je… je peux essayer autre chose si tu veux.

Katsue relève les yeux vers Agnes, alors que celle-ci lui tend son téléphone, un léger sourire un peu timide aux lèvres, l'air... reconnaissante. Elle afficha un sourire plus sincère, bien que toujours un peu tendue, et le reprit. Toujours en colère, elle le fit un peu trop vite et trop fort peut être, sans vraiment s'en rendre compte. Elle ne cherchait même plus à cacher qu'elle était révoltée parce qu'elle venait d'entendre quand elle lui répondit finalement, avec un sourire fier.

- Ne dis pas ça. Je suis bien décidée à te faire jouer au foot! Et crois moi, après nos entraînements, si tu rejoues un jour avec eux, ils devront courir comme des dératés pour espérer toucher la balle. Tu les battras à plate couture!

Alors qu'elle imaginait la scène, satisfaite de les voir se vautrer dans la boue d'un air paniqué dans son esprit, elle s'interrompit, surprise. Elle avait la mauvaise habitude de jouer avec ce qu'elle avait dans ses mains, et plus particulièrement avec son portable. Mais en le faisant, elle venait de réaliser qu'il avait une forme et des dimensions inhabituelles. Et pour cause. Ce n'était pas son portable. Fronçant un peu les sourcils avec une mimique amusée, elle le tendit de nouveau à Agnes, de telle sorte qu'elle voie qu'il s'agissait du sien.

- Je n'ai pas beaucoup de contacts depuis mon arrivée sur l'île, mais je veux bien récupérer mon portable quand même.

Puis profitant qu'elle ait retrouvé son calme, elle se mit à réfléchir un peu à ce qu'elle venait de lui promettre. Elle s'était peut être un peu avancée sur ce coup, et elle commençait à perdre un peu de son assurance. Elle ne savait pas trop comment elle allait pouvoir lui apprendre à jouer au football, puisqu'elle même y avait très peu joué durant sa vie. Elle n'était même pas sûre de se connaître des règles, à vrai dire. Elle passa sa main dans ses cheveux, légèrement gênée, mais toujours avec le sourire.

- Par contre, on ne jouera sûrement pas vraiment dès la première séance, il faudra que j'évalue tes compétences, et que je prépare de vrais exercices, du matériel, etc... Et hum... Pour être honnête, je ne connais pas vraiment les règles du football. J'ai encore beaucoup à apprendre dans certains sports, il faut croire!

Puis une idée lui traversa l'esprit, et elle jeta un regard malicieux à sa camarade, plissant légèrement les yeux.


- Mais ce sera d'autant plus intéressant à t'enseigner, du coup! Et puis tu pourras toujours m'apprendre les règles au fur et à mesure! Comme ça, c'est donnant donnant! Marché conclu?



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MessageSujet: Re: Agnes n'a rien fait. [Katsue Hirotori]    Sam 1 Avr - 20:27


Agnes n'a rien fait.
FT. KATSUE HIROTORI

Agnes écoute attentivement, et silencieusement Katsue parler. Elle la regarde dans les yeux, l’admirant ; admirant son regard, son expression, son air empli de bonté et confiance.
À chaque phrase qu’elle termine elle hoche légèrement la tête. Elle se sent bien. Elle est heureuse de parler avec Katsue, et de l’avoir connue. Elle profite de ce moment, un de ces rares moments où la vie ne l’agresse pas sans raison.
 « Mais ce sera d'autant plus intéressant à t'enseigner, du coup! Et puis tu pourras toujours m'apprendre les règles au fur et à mesure! Comme ça, c'est donnant donnant! Marché conclu? » , conclut Katsue.
Une fois de plus, Agnes hoche la tête, cette fois-ci plus clairement. Que dire de plus ? Cette idée est fantastique, et le principe même d’avoir quelqu’un qui lui apprenne à se défendre l’est plus encore ! Agnes lui est si reconnaissante qu’elle est persuadée que cela se voit sur ton son être, et qu’elle n’aurait presque pas à le dire. Mais elle lui répond tout de même, puisque c’est ce que les humains font :
« Hm ! Bien sûr… Tu… Tu n’es pas obligée de te forcer à quoi que ce soit pour moi mais… »
Agnes ferme les yeux un instant, et pose ses deux mains contre sa poitrine. Elle s’est à présent totalement calmée, et a quasiment oublié l’incident avec cet inconnu peu avant. Il n’est qu’une part du passé comme tant d’autres, et sans importance face à sa rencontre avec Katsue.
Elle se dit que Katsue n’est probablement parfaite, mais qu’elle est bien assez comme elle est. Bien qu’elle la prenne pour une enfant, elle a clairement l’âme d’un ange. Elle n’aurait aucun problème à s’entendre avec elle sur le long terme. Elles seraient même probablement bonnes amies, même si Agnes n’est pas elle-même une très bonne amie à avoir - maladroite, embêtante, donneuse de poisse.
La jeune femme rouvre les yeux et sourit sincèrement à son interlocutrice. C’est un sourire très doux, le sourire d’une jeune femme pure qui pour une fois dans sa vie est heureuse.
« Je te suis énormément reconnaissante pour m’avoir aidée et… pour proposer de m’apprendre à me défendre. », termine-t-elle.
Elle recule d’un pas. Cela fait bien trop longtemps qu’elle embête Katsue, avec ses larmes et ses histoires. Même si elle passe un bon moment, elle ne peut pas la harceler toute la journée. Il est grand temps de la laisser tranquille… Puis quelque part, Agnes a bien besoin de se reposer pour se remettre de cette journée riche en émotions.
Elle regarde rapidement dans toutes les directions, sans réellement savoir pourquoi.
« Merci ! Je vais y aller pour l’instant, pour ne pas t’embêter plus longtemps… M-Mais on se reparlera bientôt ! », ajoute-t-elle, avant de partir, faisant un signe de la main.
Elle ne laisse pas le temps à Katsue de dire quoi que ce soit, de peur qu’elle la retienne. Elle part d’un pas guilleret, dans le but de rentrer dans sa chambre. S’assurant une dernière fois de n’avoir rien accidentellement emmené ne lui appartenant pas, elle passe le pas de la Bibliothèque, et s’en va, espérant que rien ne lui arrivera sur le chemin.


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